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Bachelard

Ainsi une maison onirique est une image qui, dans le souvenir et les rêves, devient une force de protection. Elle n’est pas un simple cadre où la mémoire retrouve ses images. Dans la maison qui n’est plus, nous aimons vivre encore parce que nous y revivons, souvent sans nous en bien rendre compte, une dynamique de réconfort. Elle nous a protégé, donc elle nous réconforte encore. L’acte d’habiter se couvre de valeurs inconscientes, des valeurs inconscientes que l’inconscient n’oublie pas. On peut marcotter l’inconscient, on ne le déracine pas. Par-delà les impressions claires et les satisfactions grossières de l’instinct de propriétaire, il est des rêves plus profonds, des rêves qui veulent s’enraciner. Jung, ayant à fixer une de ces âmes apatrides qui sont toujours en exil sur terre, lui conseillait, pour des fins psychanalytiques, d’acquérir un morceau de champ, un coin de bois, ou mieux encore une petite maison au fond d’un jardin, tout cela pour fournir des images à la volonté de s’enraciner, de demeurer . Ce conseil tend à exploiter une couche profonde de l’inconscient, précisément l’archétype de la maison onirique.

http://classiques.uqac.ca/classiques/bachelard_gaston/terre_et_reveries_du_repos/terre_et_reveries_du_repos.html

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arcane 17 andré breton p29

« La journée sera belle je la vois filtrée dans tes yeux où elle a commencée, plus trouble par être si belle. Ils sont de cette eau même,aux points où elle glisse au soleil sur les silex bleus et l’arc qui de très haut les surplombe est du plus délié, du plus sensible pinceau de la martre, non des reflets qu’il peut ravir, mais le frémissement de ce pinceau distrait seulement par la pensée du pelage de la gracieuse bête en alerte. De tels coups de feu floconnent encore dans le lointain ! Et, par éclairs, l’image oblique du piège qui dans sa volonté contraire par deux fois inexorable, cette image démesurément agrandie dans l’herbe.Comme à la prunelle de ses yeux, c’est pourtant cette expression familière qui rend compte de ce à quoi on tient par dessus tout : ainsi un jour fut ou tu ne pouvais plus tenir à la prunelle de tes yeux, dans ces yeux dans lesquels le sort voulait que je vinsse plus tard puiser tout le jour. »

Disparition

les amoureux trahis

Moi j’avais une lampe

et toi la lumière

Qui a vendu la mèche ?

 

Jacques Prévert

La pluie et le beau temps

NRF 1955

Image

Olhão

20180901_055423

TAG

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comparaison analogie similitude et métaphore

https://journals.openedition.org/aad/2123

Roselyne Koren

Résumés

La lecture de publications scientifiques ou d’argumentaires profanes référant à l’emploi de l’exemple historique (EH) permet d’observer un phénomène inattendu : les auteurs de métadiscours critiques ayant l’EH pour objet cessent fréquemment de distinguer, dans le feu de la démonstration, entre exemple, comparaison, analogie ou encore métaphore historique. Ces notions surgissent alors plus ou moins simultanément sous la plume des auteurs et semblent être perçues comme interchangeables. Dans le registre scientifique, l’analogie est un « terme couvrant » qui englobe les notions de métaphore, de comparaison et d’exemple (Plantin 2011). Par ailleurs, l’EH des « années trente » et de ses crises économiques, politiques et sociales peut servir de cadre à un discours médiatique où ces notions apparaissent sans être clairement distinguées. La présente contribution entend explorer les voies qui mènent d’un argument à l’autre et mettent sur le même plan des figures fondant la structure du réel comme l’EH, l’analogie ou la métaphore et des figures ayant la structure préalable du réel référentiel pour fondement comme la comparaison, argument « quasi-logique ». On analyse deux exemples types, un article consacré à l’accusation de « populisme » et à l’EH des années trente et l’article d’un historien, « Un nazisme tropical », et on propose quelques hypothèses explicatives concernant la porosité de frontières pourtant bien réelles entre l’EH et l’analogie ou la comparaison.